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// Hôpital Laquintinie

Dès sa construction en 1931, l’Hôpital Indigène de Douala a été soumis au régime de l’ Indigénat de l’administration française. Il est réservé alors aux patients noirs auxquels l’accès à l’Hôpital Général de Douala ( Hôpital Nachtigal sous la colonisation allemande) leur est formellement interdit.

Dans les années 50, cet hôpital prend le nom de Laquintinie, en hommage au docteur Jean Auguste Laquintinie, médecin militaire français ayant séjourné à deux reprises au Cameroun.

Durant son premier séjour, de 1936 à 1938, le médecin-capitaine Laquintinie, du Service de Santé des troupes coloniales côtoie le docteur Paul-Louis Aujoulat, créateur en 1936 de la Fondation médicale Ad Lucem au Cameroun.

Son second séjour, en 1940, sera de courte durée. Médecin-chef de l’Hôpital Indigène de Douala, il accueille, le 27 août 1940, le commandant Leclerc, envoyé du général de Gaulle puis, quitte le pays pour accompagner le 1er Régiment de tirailleurs du Cameroun auquel il est affecté. Il meurt en campagne, en 1941.

Les premiers soignants indigènes sont formés à l’Ecole des aides de santé d’Ayos, près de Yaoundé, créée en 1932 par le docteur Eugène Jamot (1879-1937), dont les découvertes sur la maladie du sommeil seront vulgarisées par le docteur Bebey Eyidi (1914-1966). A la fermeture de l’école, en 1945, les élèves en cours de formation seront envoyés à l’école de médecine de Dakar (Sénégal).

Le docteur Félix Roland Moumié (1925-1960) fait partie de cette première promotion de médecins diplômés à Dakar. Elu président du parti nationaliste UPC (Union des Populations du Cameroun) en 1952, il est affecté à l’hôpital Laquintinie en 1955, avant de devoir s’exiler, en juillet 1955, du fait de l’interdiction de son parti, violemment combattu par le pouvoir colonial.

Le destin du docteur Moumié croise celui du docteur Bebey Eyidi, également médecin à Laquintinie. Ensemble ils vont mener le combat pour l’indépendance immédiate et l’unification des Cameroun britannique et français.

Félix Moumié est assassiné en 1960 à Genève et est promu héros national en 1991. Bebey Eyidi est écroué en 1962 et meurt en 1966 à sa sortie de prison.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.